Interrogations

Je parlais l’autre jour ici des répétitions inquiètes du théâtre de Maeterlinck qui laissent entrevoir un tragique quotidien. Dans la petite pièce Adieu à l’arbre de Tarjei Vesaas, ce sont les interrogations qui scandent le texte et nous mettent, comme les personnages, en constante alerte. Une mère guette la fin de sa vie sous le grand arbre qu’elle ne veut pas quitter,  et son fils inquiet la questionne dès le début : « Mère ‒ Tu n’entends pas, mère ? (…) N’es-tu pas assez près ? (…) Tu vas donc rester assise ici ce soir ? » La mère questionne à son tour le fils : « Tu es fatigué, Skjalg ? (…) Tu vois quelqu’un sur la route ? »

Jusqu’à la dernière page, la lutte de la mère contre son départ « par la porte sombre » sera une interrogation : « Vous n’entendez pas que mon arbre se rebelle si bien que toutes les feuilles s’étirent ?» Autant de questions, autant de silences  vibrants : « Vous ne voyez pas de quelle porte il s’agit ? »

Jusqu’à ce que la mère abandonne : « Non, mais − (Puis plus rien.)» Le fils tente à son tour de dire : « Écoute –». En vain. Les interrogations qui soutenaient la vie et créaient le contact laissent place à la barre des tirets, comme une porte sombre qui se ferme.

Pour présenter ce texte qui mérite bien plus que mon bout de lorgnette, l’éditeur et co-traducteur Olivier Gallon écrit en quatrième de couverture :  Soit ici un poème sous forme dialoguée : en cette façon, à l’instar de l’arbre lui-même, d’aller puiser loin dans les mots les ressources cachées de la vie, tandis que celle-ci se trouve confrontée à sa fin approchant, où elle s’affirme et s’engouffre.

(J’ai entendu dire aussi qu’un numéro de la revue Europe pourrait mettre Vesaas à l’honneur au printemps prochain. )

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

La répétition (avec Jon Fosse et Maeterlinck)

J’ai lu récemment des textes de Jon Fosse et de Maeterlinck dont les personnages répètent, se répètent.

 

 

 

 

 

 

 

Chez Jon Fosse, le narrateur répète des phrases avec des variantes, comme une pensée qui pose un objet, s’en écarte un peu, y revient. Un ressassement calme et une progression par avancées et reculs successifs. Un continuum sonore. Un long fjord.

Chez Maeterlinck, la répétition de mots et de phrases est agitée, introduisant une profonde inquiétude. « Ne me touchez pas ! ne me touchez pas ! », dit Mélisande à Golaud dans la forêt. Même quand les personnages n’ont pas de raison de s’affoler, la répétition est exclamative, essoufflée, préfigurant un drame obscur. Dès la scène 1 de Pelléas et Mélisande, les premiers mots, dits par des servantes, sont : « Ouvrez la porte ! Ouvrez la porte ! ». Puis : « Ouvrez donc ! Ouvrez donc ! », quand personne n’est réellement enfermé et qu’il s’agit simplement de préparer une « grande fête ».

L’auteur dit, dans un entretien avec Adolphe Brisson qui lui demande la raison de cette tendance à répéter :

Il n’y en a aucune. Les paysans de chez nous (…) ont coutume de prononcer plusieurs fois les mêmes épithètes ou les mêmes verbes. Cette habitude donne à leur discours un caractère de gravité tout à la fois puéril et sentencieux. Je m’en suis inspiré, jugeant qu’un personnage de légende avait quelque affinité avec un homme des champs et pouvait parler la même langue…(1)

C’est vrai, mais les répétitions inquiètes de Maeterlinck ne concernent pas que les hommes des champs. Elles participent de ce qu’il appelle dans Le Trésor des humbles “le tragique quotidien” (2). Elles sont chargées de silence et laissent deviner une invisible vérité.

Elles me fendent l’âme et j’y reconnais quelque chose de mon propre rythme.

 

1.Maurice Maeterlinck, Introduction à une psychologie des songes et autres écrits, 1886-1896, AML éditions, 2024.

2.Il existe un intéressant article en ligne de Sylvie Ballestra-Puech : “Le tragique quotidien et le théâtre de la répétition”, mais le site n’est pas toujours accessible.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

En lisant des Semaisons de Philippe Jaccottet

… et en vous souhaitant une bonne année 2026.

Juillet 1956

Les hirondelles infatigables ; et derrière, qu’on ne voit pas, les étoiles dans leur apparence tranquille.

Août 1956

Je crois bien que mon désir serait tout bêtement d’être éternellement mortel… ce qui est le plus bel hommage que l’on puisse rendre à la vie.

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

C’est fini ?

Je me suis souvenue récemment des derniers mots de Nathalie Sarraute, tels que les a rapportés sa fille Claude qui était à son chevet : C’est fini.

« Claude ne put savoir si ces mots exprimaient le soulagement que tout fût enfin terminé ou l’angoisse de la disparition imminente », dit Ann Jefferson dans sa biographie ♠.

Peut-être s’agissait-il d’un simple constat, comme le Ich sterbe attribué à Tchekhov sur son lit de mort.

Mais je ne sais pas pourquoi, je me suis toujours figurée qu’ils exprimaient un étonnement : « C’est fini ? »

Je relis l’émouvante séquence intitulée « Ich Sterbe » dans L’Usage de la parole de Nathalie Sarraute :

Ce qui en moi flotte… flageole… vacille… tremble… palpite… frémit… se délite… se défait… se désintègre… Non, pas cela… rien de tout cela… Qu’est-ce que c’est ? Ah voilà c’est ici, ça vient se blottir ici, dans ces mots nets, étanches. Prend leur forme. Des contours bien tracés. S’immobilise. S’assagit. S’apaise. Ich sterbe.

C’est fini. Sans suspension. Sans question. Point final.

♠ Ann Jefferson, Nathalie Sarraute, Flammarion, 2019.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Petites choses

Chose qui m’énerve

Que la personne avec qui je parle enlève, entre pouce et index, un de mes cheveux égaré sur mon pull.

Chose qui me fait plaisir

Dans la rue, les jeunes femmes en queue de cheval haute un peu ébouriffée.

Chose entendue à la radio

Le jeune homme qui a volé les données du ministère de l’Intérieur « habite chez sa mère ». Ce n’est pas la première fois que j’entends ça.

En y repensant

La solitude des mères n’est pas une petite chose.

Pouvoir sortir « en cheveux » n’est pas non plus une petite chose. Alors, qu’on me laisse en égarer un ou deux sur mon pull.

 

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Bastón

A l’âge de 4 ans j’ai passé des vacances de Pâques loin de mes parents dans un village de Castille où déambulait un vieillard, armé d’une béquille, que nous avions baptisé par métonymie Bastón. Le bruit courait que Bastón était un Monsieur très méchant avec les enfants et  qu’il ne fallait surtout pas s’approcher de lui. Quelque chose comme el Coco, le croquemitaine de la mythologie enfantine espagnole.

Goya, “Que viene el Coco”

Tout village a son Bastón. Ces derniers temps j’ai même été à mon tour une sorte de Bastonne parisienne. Ayant dû marcher quelque temps avec une béquille, j’ai découvert que je tenais en respect certaines personnes dans la rue : les cyclistes et les trottinettistes qui empêchent les piétons de passer.

Pendant trois semaines mon bastón m’a servi d’arme de poing et de barrière de passage à niveau.

 J’ai été el Coco des pistes cyclables parisiennes.

Au moment où je mets le point final à ce billet, un rayon de soleil sur mon canapé me donne prétexte à une citation du poème Le Soleil de Baudelaire :

C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles

Magie du soleil, magie de la rime.

Cannes sculptées de  Seanie Barron

J’ai pris cette photo il y a quelques mois, comme je me promenais dans la galerie d’art brut Christian Berst à Paris. Seanie Barron (et non “Baston”) sculpte depuis plusieurs décennies, pour le plaisir, des branches qu’il ramasse sur un terrain derrière sa maison d’Askeaton, en Irlande. Aujourd’hui retraité, il choisit chaque jour une canne différente pour faire sa promenade rituelle à laquelle il ne déroge jamais, car :  “There are two things that can kill you in this life: the electric chair and the armchair.” (Deux choses peuvent vous tuer dans la vie : la chaise électrique et le fauteuil).

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

El Desconocido, perplexité (suite du billet du 6-12)

… Cette couverture jaunie, cette odeur de moisi, cet ex-libris pompeux…

Sortons des contours pour entrer dans le roman publié en 1956. Les deux protagonistes Antonio et Dominica – dont les deux points de vue alternent dans le roman – sont des époux  qui se retrouvent après une séparation de douze ans due à la captivité lointaine d’Antonio pendant la guerre.

La critique loue unanimement la finesse psychologique de l’autrice qui présente deux êtres que la vie a séparés et qui tentent de renouer leurs liens : complexité émotionnelle, difficulté du retour à la vie normale pour un homme traumatisé par de mauvais traitements, difficulté de l’accueil pour une femme restée tant d’années sans nouvelles de son mari. Les comparaisons avec le retour d’Ulysse à Ithaque sont récurrentes. L’écriture est précise, fine, sensible. Discrète, aussi, parce qu’« il y a des choses qui ne se comprennent pas. »

Et il y a des choses dont on ne parle pas. Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai éprouvé le sentiment de plus en plus insistant d’un lourd non-dit provenant d’une censure ou d’une auto-censure. Comme s’il y avait des zones grises dans une narration où rien n’était faux, mais où rien n’était tout à fait vrai non plus. Ou plus exactement : comme si la situation émotionnelle était juste, mais ses causes historiques à la fois précises et gommées. Et ceci m’a mise mal à l’aise.

Vaisseau Sémiramis, photo Arxiu tve Catalunya

Non, ce roman ne donne pas une version intemporelle du retour d’Ulysse. Il se situe à Barcelone en 1954. Antonio, le mari, arrive à bord du Sémiramis, vaisseau par lequel sont rapatriés les anciens de la División Azul dont il faisait partie, retenus dans un camp en URSS pendant douze ans. La División Azul fut créée en 1941 par Franco avec des volontaires qui se mettaient à la disposition de la Wehrmacht pour combattre sur le front de l’Est, et qui devaient jurer devant Dieu obéissance à Hitler dans sa lutte contre le bolchevisme. ♠
Antonio, décrit par son épouse comme un jeune homme d’une fougue extraordinaire, éperdument amoureux d’elle, s’est engagé avec enthousiasme en Allemagne en 1941 sans en dire un mot à sa femme qui ne s’en plaint nullement, et sans remettre en cause par la suite son engagement.
Pourquoi diable l’autrice dont le mari a été prisonnier des Allemands a-t-elle placé son héros dans cette galère franquiste ? Quelqu’un a-t-il mis la main au manuscrit pour le dénaturer ? Est-ce moi qui n’ai pas, depuis la France, toutes les données pour saisir la subtilité de certaines nuances ? Je sais que peu de temps après Carmen Kurtz a renoncé à l’écriture de romans pour se consacrer à la littérature jeunesse.

Dernière question : l’adaptation théâtrale de Yolanda Pallín qui se donne en ce moment à Madrid tient-elle compte de ces circonstances d’écriture ? Il semblerait d’un côté que la pièce cherche à aborder, « au-delà du moment historique concret, des thèmes universels », dit la metteuse en scène Laura Garmo qui se réfère à son tour à Ulysse et Pénélope. Mais, ajoute-t-elle, le non-dit du roman est prononcé à voix haute sur scène comme une sous-conversation ambiguë et chargée de sens.
Alors ?
Je crois que je vais lancer une question à mes amis madrilènes susceptibles d’avoir vu cette pièce, à l’affiche jusqu’au 23 décembre au Teatro Español à Madrid.

Le Teatro espanol, plaza Santa Ana, Madrid

♠ Pour des informations précises sur cette division, voir la fiche Wikipedia, très bien documentée. Sa traduction en français : https://fr.wikipedia.org/wiki/Division_Bleue_(Seconde_Guerre_mondiale)

 

Publié dans Non classé | 3 commentaires

L’Inconnue

Nous promenant Sabine et moi dans Madrid, nous voyons à l’affiche du Teatro Español : El Desconocido (L’Inconnu) de Carmen Kurtz (1911-1999), roman adapté au théâtre par Yolanda Pallín.
— Zut, on ne sera plus à Madrid pour découvrir ça.
— D’ailleurs, qui est Carmen Kurtz ?

Sabine m’entraîne dans une librairie théâtrale curieusement nommée Yorick. Nous discutons avec la libraire et achetons quelques œuvres de théâtre contemporain. Il n’existe pas encore d’édition de la pièce El Desconocido, mais dans une librairie d’occasion je peux me procurer tout de suite le roman. Rien ne m’enthousiasme davantage que ce genre de quête. J’ai le temps de découvrir sur Wikipedia la biographie de Carmen Kurtz, assez attirante pour que je décide de courir vers une minuscule boutique pleine de vieux livres entassés n’importe comment.

La première publication de ce roman a eu lieu en 1956 aux éditions Planeta de Barcelone et a obtenu le prix Planeta. Mon exemplaire, daté de décembre 1972, en est la dixième édition.

Un peu jaunasse, avec une odeur de moisi et des ronds d’humidité orangeâtres sur la tranche.

Et voici l’ex libris de sa première lectrice :

Une représentation de l’Escorial dans un cadre édiculaire ; un Monarque ; un Empire ; une Épée… Cette ambiance ne me dit rien qui vaille. Mes pensées dévient vers le sinistre Mausolée de la Cruz de los Caídos que Franco a fait bâtir non loin de là dans les années 40 par des républicains condamnés aux travaux forcés. Lieu de visite obligé de tous les groupes scolaires madrilènes des années 60 et 70.

La lectrice Mari Carmen Martinez Marquina s’est procuré le livre en juillet 1973, à ce que je lis en travers sur la page de titre.

Mais tout ça ne préjuge en rien de la qualité du contenu. Il serait absurde et injuste d’imputer à l’auteur l’idéologie d’un acquéreur qui l’a peut-être reçu en cadeau, estampillé, feuilleté distraitement, abandonné dans un grenier, revendu dans une brocante.

Je relis la biographie de la romancière : enfance très cosmopolite en Amérique, Grande- Bretagne, puis Paris avant et pendant la deuxième guerre mondiale ; mariage avec un Alsacien nommé Pierre Kurtz – deux ans prisonnier des Allemands – ; puis vie en Espagne. Elle adopte son nom d’épouse pour écrire, quand il lui aurait été facile de garder son patronyme et matronyme comme il est d’usage en Espagne : Carmen de Rafael Marés.

En fait, je n’aime pas beaucoup acheter les livres d’occasion. Ce n’est pas une phobie du toucher car je fréquente joyeusement les bibliothèques sans craindre d’être la dix-millième personne à manipuler le même livre. Mais j’ai une antipathie spéciale pour cette lectrice nommée Mari Carmen Marquina qui me plonge dans les années grisâtres du franquisme finissant.

Mon prochain billet sera consacré au contenu du roman El Desconocido de Carmen Kurtz que j’ai lu avec un grand intérêt – et une  perplexité.

Publié dans Non classé | 3 commentaires

Contrition et contraception

Ludwig Passini (1832-1903), Intérieur d’église avec femme en confession (Wikipedia) Je suis intriguée par le jeune homme qui lit, debout, à droite. N’y aurait-il pas là un roman à écrire ?

Jacques Robinet n’oublie pas dans ses livres qu’il a été homme d’Eglise :

Il semble que l’Église a tenu aussi longtemps que s’est maintenu chez ses fidèles le conflit entre le corps et l’esprit. Ce combat douloureux, acharné, remplissait les confessionnaux de pénitents misérables en quête de réconfort et de pardon.
(De Prison en royaume, p. 158)

Je crois que les parents de Jacques avaient à Madrid la même paroisse que les miens : Parroquia del Santísimo Cristo de la Salud.

Souvenirs en vrac : dames en noir, mantilles, eau bénite, signes de croix prolongés : sur le front, sur la bouche, sur le cœur, « por la señal de la Santa Cruz… », lèvres qui baisent à la fin deux doigts croisés, « Dios te salve María », confessionnaux en bois sculpté… et la question du curé : « As-tu eu de mauvais regards ? »
« As-tu eu des pensées impures ? »

Acte de contrition.

Jacques poursuit :
On peut, sans trop de risque de se tromper, dater le début de l’effondrement ecclésial des progrès en matière de contraception. La pilule, qui libéra la sexualité féminine, vida progressivement les églises. (p. 159)

Trop lentement ici, plus clairement là, pas du tout ailleurs.

XXIème siècle. Un collège parisien. Une enseignante prend le bras d’un élève pour l’inciter à entrer dans la classe. L’élève : « Me touchez pas, vous êtes impure ».

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Sommeil magique

Quand je vais à l’opéra, j’aime rôder pendant les entractes près de la fosse d’orchestre, regarder les instruments posés, les partitions sur les pupitres, deux ou trois musiciens qui s’entraînent en sourdine.

Mardi dernier j’ai connu un instant de grand bonheur lors du deuxième entracte de La Walkyrie qui se donnait à l’opéra Bastille. Les six harpistes jouaient ensemble le thème du sommeil magique qui se répète jusqu’à la fin de l’œuvre. Pas de cuivres, pas de bois, pas  d’archets, pas de thème tragique en superposition, juste le timbre angélique des six harpes répétant les notes descendantes du sommeil magique. Nous étions quatre ou cinq spectateurs à les écouter, fascinés. Quand les harpistes se sont tus, l’un des spectateurs a dit : « C’est un cadeau ». Et moi j’ai pensé que si je pouvais entendre ces arpèges célestes au moment de mourir j’aurais beaucoup moins peur de la mort.

Photo prise en vitesse pendant le mini-concert.

En attendant je me dirige vers ma place. Mon voisin, un vieux Monsieur bien habillé comme il y en a beaucoup à l’opéra, me dit : “Est-ce que je peux vous poser une question indiscrète ? Si vous n’avez pas envie de répondre vous ne serez pas obligée de le faire”. Intriguée, j’accepte. ” À quel âge avez-vous dit merde à votre père ?” Je bredouille que je ne sais pas très bien et lui demande à mon tour : “Et vous ?” Il répond : “17 ans, peut-être 19”.

Voilà qui me sort du sommeil magique. Il est vrai que la Walkyrie, avant d’être une Belle endormie, est une jeune femme qui dit merde à son père. Je l’ai fait aussi, à ma manière. À dix-sept ans, peut-être dix-neuf.

Publié dans Non classé | 4 commentaires